Les pièces récupérées, sources d'inspiration
« Une forme de collaboration ».
Dans la mesure du possible, Yan Floriano récupère toutes les pièces par lesquelles il se sent « attiré », souvent même sans savoir comment il les utilisera. Bon nombre de ces pièces, comme les premières phrases d’autant d’histoires à compléter, servent d’amorce à son processus créatif : elles sont les points de départ à partir desquels il imagine et développe ses projets.
Lorsque certaines ne l’inspirent pas d’emblée ou de manière précise, il les conserve tant qu’il perçoit en elles un certain potentiel. Ainsi, lorsque le moment s’y prête, il revient vers l’une d’elles, l’observe attentivement, la palpe et, dans un état quasi méditatif, laisse voguer son imagination. Par flashs successifs, des idées qu’il juge sur l’instant plus ou moins pertinentes lui parviennent, jusqu’à ce « Bingo ! » tant attendu – cette « révélation ». Ce « Bingo ! », certes subjectif et discutable, est partie intégrante de son travail et demeure une étape essentielle pour qu’il s’engage dans un projet.
Bien souvent aussi, la simple juxtaposition d’éléments récupérés suffit à faire naître une idée.
Finalement, ce n’est qu’assez rarement qu’il se met à la recherche de pièces pour réaliser un projet qu’il a déjà en tête.
Il a le sentiment qu’existe un échange d’une nature particulière entre les pièces récupérées et lui : une forme de collaboration. En effet, d’une certaine manière, par leurs caractéristiques – taille, forme, poids –, ces pièces, bien que choisies, imposent également leurs volontés. Maintes fois, dit-il, elles lui ont soufflé à l’oreille des idées que, seul, il n’aurait probablement jamais eues.
