Entrée en matière
Yan Floriano souhaite valoriser le surcyclage, contribuer à lui conférer une dimension haut de gamme. Il redonne vie à des pièces hors d’usage, à travers la conception d’objets fonctionnels, participant ainsi à promouvoir l’économie des matières et des énergies.
Approche artistique / Philosophie
Approche générale – Les créations de Yan Floriano sont la rencontre de plusieurs domaines qu’il affectionne. L’expression par le travail manuel, le surcyclage et les lampes. Par leur conception et les thèmes qu’elles proposent, il souhaite que ses œuvres interpellent l’observateur, l’invite à la réflexion, au voyage dans l’imaginaire. Il voit en effet en elles plus que des objets utilitaires ou décoratifs, et en cette association du surcyclage et de la lumière, un médium artistique à part entière ouvrant sur une infinité de sujets à aborder et d’émotions à partager.
Une touche « néo-rétro » – Sur le plan esthétique comme sur le plan fonctionnel, ses luminaires suggèrent que des pièces anciennes, même usagées, selon la manière dont on les utilise, dont on les associe, peuvent s’inscrire dans une forme de « modernité » ; Approche qu’il verrait volontiers transposée à l’organisation de notre société. Autrement dit, à son humble avis, et contrairement à ce que l’on peut souvent observer, cette modernité — liée à l’idée de progrès, elle-même sujette à débat — pourrait sans doute se conjuguer à certaines valeurs et acquis du passé. En effet, bien que ces derniers semblent aujourd’hui en voie de disparition, ils considère maints d’entre eux comme essentiels, garants d’un « équilibre social », constituants à la fois un socle et une « assurance vie » pour nombre d’individus. Reste à savoir si l’on souhaite réellement les préserver. Si oui, comment le faire de façon cohérente et pérenne? Son travail se présente alors comme une réflexion en acte, une matérialisation de la question à travers l’objet.
Ironie du sort / Effet miroir – Dans chaque pièce qu’il recycle, Yan Floriano voit l’image d’une personne usée, parfois même écorchée par la vie, qui, alors qu’un avenir sombre, voire sans issue semblait se dessiner pour elle, découvre finalement une nouvelle voie, un chemin inattendu, mais ô combien plus lumineux.
À chacun ses instruments / Œuvrer dans un sens commun – Certes profane dans la musique mais néanmoins mélomane, il entrevoit des similitudes entre son travail et ce qu’il perçoit d’une œuvre musicale. En d’autre termes, par une succession de notes et d’accords qu’est pour lui l’association de formes, de couleurs, et de matières, il offre à sa manière une composition ; avec pourquoi pas quelques atonalités, ici matérialisées par les asymétries d’une lampe. L’achèvement de la création étant idéalement l’obtention d’une harmonie, lorsque l’ensemble prend forme et qu’en guise d’ondes sonores la lumière jaillit.
Objectifs et démarche
Les lampes de Yan Floriano sont réalisées avec rigueur, patience, et toujours la même attention portée au détail. Miser sur l’engagement et la créativité pour palier l’absence de formation dans le domaine, telle est son approche de la question. Il s’engage donc dans chaque lampe comme si c’était la dernière, toujours avec cette volonté de « faire honneur » aux pièces récupérées
Yan Floriano travaille sur la lumière, sur l’esthétique, incluant en cela les proportions, la couleur, la dynamique des lignes, mais aussi les symétries et asymétries. Il travaille par ailleurs sur l’aspect mécanique, prenant en considération la sécurité, la résistance, le côté fonctionnel, et compte également parmi ses exigences que l’objet soit agréable à manipuler. Aussi, il souhaite surprendre l’observateur par des aspects innovants, ludiques, interactifs, mais avant tout, il souhaite que les pièces utilisées donnent l’impression d’avoir été faites pour se rencontrer.
Dès le début de son activité, motivé par son attrait pour les lampes articulées, il conçoit un système d’articulation pouvant s’adapter aux pièces qu’il déniche. Tous les composants de ce système d’articulation sont fabriqués à la main, à partir de profilés d’aluminium, éléments suffisamment fins pour être travaillés à son domicile, sans machine outil. Pour que les lampes soient pleinement fonctionnelles et le rendu général à la hauteur de ses attentes, la réalisation de ces différents composants ne doit souffrir d’aucun défaut. Il s’applique donc à éviter toute erreur, de coupe, de pliage ou de perçage, car la moindre de ces erreurs, par son caractère irréversible, lui imposerait de reprendre entièrement la fabrication de l’élément défectueux.
Dépourvues de soudures, ses créations sont le résultat d’un assemblage minutieux de parfois près d’une centaine de pièces patiemment travaillées. Pour cela, le temps n’est pas réellement compté. Dans sa démarche, seuls comptent l’aventure, l’expérience et bien-sûr, le résultat.